Mardi, 29 mars
12h04. Week-end prolongé.
12h05. Valérie, Paulo et moi déambulons lascivement dans un coin de rue étroite de notre somptueuse capitale.
12h06. Soleil, température extérieure plus que convenable, rien de tel pour requinquer une équipe motivée en vadrouille, prête aux aventures les plus folles.
12h07. Dans les pas de Valérie, je la suis dans une petite boutique qui arbore l’enseigne Les senteurs marocaines vaguement rafraîchit par deux réfrigérateurs entrouverts et un peu bruyants.
12h08. Sous le regard scrupuleux d’un Thénardier qui s’ignore, nous nous déplaçons làdedans avec la finesse d’une attaque d’éléphants en rut, en pleine attitude non feinte de la D.S.D. (Discrétion-Simplicité-Détente).
12h09. Valérie pousse un "oooooooooh", mélange verbal d’une tragédienne survitaminée dans le dernier Racine et d’une gagnante de plus de 23 millions d’euros au premier tirage du Loto, puis enchaîne par un : "regarde Thomas, on dirait du yaourt dans le petit ramequin, là… je me demande ce que c’est, ça en a la texture en tout cas".
12h10. Plus curieuse, Valérie se penche pour sentir le ramequin-mystère. Deuxième "ooooooooooh" plus appuyé, moins maîtrisé, et plus proche cette fois de l’orgasme nucléaire. "Hmmmmmmm… ça sent la vanille, quelle merveille", me roucoule-t-elle plus discrètement à l’oreille.
12h11. Prise d’une envie soudaine de se munir de sa curiosité ethnologique, Valérie se donne à corps perdu en demandant tout de go, pas démontée : "excusez-moi monsieur, mais qu’est-ce que c’est exactement dans le petit ramequin, là ?"
12h12. "Un yaourt vanille".
12h13. Deux touristes à Paris.





